Les nouvelles écritures fictionnelles dans le paysage audiovisuel français

Article rédigé par les étudiants en Master 1 Médias du CELSA-Sorbonne

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A l’ère du multimédia, les modes de réception des contenus médiatiques évoluent. En réponse à ces nouveaux usages, un secteur émerge dans l’audiovisuel : celui  dit des « nouvelles écritures ».

Que sont les nouvelles écritures fictionnelles ?

Cette approche innovante de la fiction s’inscrit dans une tradition intemporelle du récit, ancrée dans les sociétés.  Aujourd’hui, les nouveaux usages sont souvent associés à Internet, nous lisons la presse sur une tablette, nous regardons des films sur un ordinateur et des vidéos sur un portable.

Les médias audiovisuels s’adaptent à ces nouvelles pratiques éclatées. « Les fictions se racontent différemment en empruntant notamment les codes du jeu vidéo où les joueurs continuent les scénarios sur des forums » (Hoguet  2016). Avec l’explosion d’Internet, cette pratique circule sur le numérique pour prendre une nouvelle dimension: le public se réapproprie le récit en participant directement à sa construction. Cette logique de co-création et l’extension du récit sur différents supports constituent l’essence des nouvelles écritures. C’est ce que Jenkins désigne par le terme de “transmédia”. On peut distinguer trois types de nouvelles écritures : les webséries, les prolongements d’univers fictionnels diffusés à la TV et les fictions interactives destinées à une diffusion exclusive sur Internet, indépendamment de la TV.

Un nouveau terrain de jeu pour les industries médiatiques

Prenons plusieurs exemples.

France Télévisions s’est adapté à ce tournant en créant à l’été 2011 le département de recherche narrative, « Nouvelles Écritures et Transmédia ». Ce laboratoire expérimental, comme il se définit, ne s’impose pas de cadre mais une démarche : l’essai continu de nouveautés. Il produit des fictions interactives qu’il diffuse sur sa plateforme en ligne et des webséries sur le site « Studio 4.0 ». Ces formats répondent aux objectifs du service public d’accompagnement de nouveaux talents dans la réalisation de programmes français de qualité.

Affranchies des contraintes économiques propres à la télévision, ces créations profitent d’une plus grande liberté. L’audiovisuel cherche ainsi à fidéliser un nouveau public en prolongeant la consommation de ses contenus fictionnels en ligne : c'est la convergence numérique. A l’ère de l’économie de l’attention (Simon - 1969), les usages sont fragmentés sur une diversité d’écrans. Avec ses dispositifs délinéarisés, France Télévisions s’aligne donc sur les usages numériques actuels, en vue de rester pertinent dans un univers concurrentiel. Des acteurs privés, comme TFI ou Canal +, et des agences de production indépendantes ont également investi ce terrain, sans oublier le laboratoire précurseur d’ARTE, « Creative ».

Le numérique a transformé les pratiques de production et de réception des fictions, redéfinissant ainsi notre rapport au temps, à la narration et aux médias traditionnels. Les frontières entre télévision et Internet s’effacent progressivement. Expérimentales, les nouvelles écritures représentent en 2015 moins de 1%* du budget annuel de France Télévisions. Mais elles sont porteuses d’un potentiel créatif important, notamment avec l’arrivée de la réalité virtuelle.

Par les étudiants en Master 1 Médias du CELSA-Sorbonne.

 

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