La sauvegarde de la mémoire audiovisuelle par l'INA

Depuis sa création, l’Institut national de l’audiovisuel (Ina) assure la sauvegarde et la valorisation des fonds de la radio et de la télévision publiques françaises. Une mission patrimoniale élargie en 1992 au dépôt légal de la radio et de la télévision, et en 2006 à celui des sites web média.

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Créé par la loi du 7 août 1974, l’Institut national de l’audiovisuel (Ina) est un établissement public industriel et commercial né du regroupement de trois services de l’ancien ORTF : les archives, la formation professionnelle et la recherche. Entreprise culturelle de l’audiovisuel, l’Ina s’affirme aujourd’hui comme un acteur de référence du secteur. La sauvegarde de la mémoire audiovisuelle est l'un de ses trois grandes missions (avec la mise en valeur du patrimoine audiovisuel et la formation et la transmission des savoirs). Dans cette page, l'Ina vous explique en quoi elle consiste.

Les fonds de la radiotélévision publique

Des collections « historiques » en perpétuel renouvellement

À sa création le 1er janvier 1975, l’Ina hérite du fonds historique des émissions produites par la Radiodiffusion française (RDF, avant 1949), la Radiodiffusion-télévision française (RTF, 1949-1964) et l’Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF, 1964-1974). L’Ina conserve également le fonds des Actualités cinématographiques françaises (1945-1969), racheté par l’ORTF en 1969.

Depuis 1975, ces fonds s’enrichissent année après année des émissions déposées à l’Ina par les différentes sociétés nationales de programme. Ainsi, France Télévisions et Radio France déposent aujourd’hui environ 34 000 heures d’émissions nouvelles par an auprès de l’Ina.

Outre la mission de les sauvegarder, la loi confie à l’Ina, Établissement public industriel et commercial, des droits d’exploitation sur les émissions produites par les diffuseurs publics, permettant ainsi à l’Institut de mettre en valeur ce riche patrimoine audiovisuel. Ces droits ne s’appliquent toutefois pas à l’ensemble des programmes diffusés sur les chaînes publiques, mais uniquement aux émissions produites par elles.

En 2013, ces fonds totalisent environ 1,1 million d’heures de télévision, 1,4 million d’heures de radio et 1,2 million de photos.

Une politique de numérisation ambitieuse

À la fin des années 1990, l’Ina doit faire face aux graves dangers pesant sur la conservation des supports analogiques sur lesquels sont conservées ses archives : à terme, c’est toute une mémoire audiovisuelle qui menace de disparaître.

L’Institut réagit en initiant dès 1999, avec le soutien de l’État, un ambitieux plan de sauvegarde et de numérisation (PSN) portant sur 800 000 heures d’émissions, dont plus de 600 000 heures ont déjà été numérisées en 2013.

Grâce à des financements obtenus dans le cadre des Investissements d’avenir, le périmètre du PSN a pu être récemment élargi aux fonds récents d’Outre-Mer 1ère (135 000 heures), dont la numérisation est planifiée sur la période 2013-2018.

Au-delà de l’enjeu patrimonial – sauvegarder une mémoire en péril – la numérisation a révolutionné la manière dont l’Ina diffuse et met en valeur son patrimoine.

L’Ina s’ouvre à des fonds nouveaux

Grâce notamment à l’expérience pionnière du PSN, l’Ina a développé un savoir-faire unique autour de la sauvegarde et de la mise en valeur de fonds audiovisuels. Aujourd’hui, l’Ina propose à d’autres détenteurs d’images de bénéficier de cette expertise, en prenant en charge leurs collections, notamment à travers des mandats commerciaux.

Ainsi, l’Ina sauvegarde et exploite aujourd’hui sous forme de mandats les archives de l’AFP, de TF1 pour ses programmes d’actualité et de sports, ainsi que celles de nombreux producteurs audiovisuels privés tels que Thierry Ardisson.

Parallèlement, l’Ina accueille des collections audiovisuelles à valeur culturelle historique ou sociologique, dont il assure la conservation et la mise en consultation. Parmi ces collections, celle des théâtres nationaux (Théâtres de l’Odéon, de la Colline, de Chaillot, Opéra de Paris…) ou encore celle des Rencontres d’Arles.

Le dépôt légal de la radio et de la télévision

Un nouvel enjeu face à la mutation du paysage audiovisuel

Tout au long des années 1980, suite à la suppression du monopole de l’État sur les ondes, l’émergence de nombreux diffuseurs privés pose un enjeu patrimonial inédit. Au contraire des chaînes publiques, les programmes de ces nouveaux acteurs ne sont en effet pas archivés par l’Ina. Comment, dès lors, s’assurer que cette mémoire audiovisuelle sera bien préservée ?

C’est notamment pour remédier à cette question que la loi du 20 juin 1992 étend le périmètre du dépôt légal à la radio et à la télévision. Cette loi transpose à l’audiovisuel le principe du dépôt légal de l’imprimé institué en 1537 par François Ier : en tant qu’institution publique, l’Ina est chargé de collecter, documenter et conserver les émissions de télévision et de radio diffusées en France, afin de pouvoir les rendre accessibles aux chercheurs. En revanche, l’Ina n’acquiert aucun droit d’exploitation sur les programmes collectés dans le cadre du dépôt légal.

Le dépôt légal de la radio et de la télévision est effectif depuis 1995. En 2013, l’Ina capte en permanence 120 chaînes de télévision et de radio représentant près d’un million d’heures par an, donnant lieu à la production de 2 millions de notices documentaires. Fin 2013, le volume cumulé atteindra près de 7 millions d’heures, indexées dans une base de données de plus de 15 millions de notices

Un élargissement au web

Nouveau média en plein essor, l’Internet appelait lui aussi un cadre patrimonial adapté. C’est chose faite depuis la loi du 1er août 2006, qui institue un dépôt légal des sites web français, dont la responsabilité est partagée entre l’Ina et la Bibliothèque nationale de France.

Chargé de l’archivage des sites Web relevant des médias, l’Ina enregistre près de 11 000 sites à fin 2013. À cette date, les fonds accumulés représentaient déjà 24,3 milliards de versions d’URL, soit 2,18 pétaoctets de données.

L’Ina THEQUE : un dispositif de consultation élargi

Les fonds constitués dans le cadre du dépôt légal sont consultables par les chercheurs accrédités (notamment universitaires et professionnels) dans son centre de consultation parisien situé à la Bibliothèque nationale de France, ainsi que dans les six délégations régionales de l’Ina à Lille, Rennes, Strasbourg, Lyon, Toulouse et Marseille.

Depuis octobre 2012, l’Ina a entrepris de renforcer le maillage de l’Ina THEQUE sur tout le territoire, en installant dans de grandes bibliothèques municipales des Postes de consultation multimédia permettant d’accéder à distance à l’ensemble des collections de l’Institut. Une trentaine de bibliothèques sont planifiées à l’horizon 2016.

Page proposée par l'Ina.

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